Interview de Chloé Wary, joueuse de foot du FC Wissous et auteure de la BD : La saison des Roses. 

Une Bd traitant l’émancipation féminine au centre d’un terrain de foot de banlieue aux éditions FLBLF.

Quand as-tu commencé à jouer au foot ? 

J'ai commencé tard, il y a 3 ans seulement, à 21 ans.

Dans quel club joues-tu / as-tu joué ? 

J'ai commencé au FC Wissous, alors que la section n'avait qu'1 an d'existence. Au début on jouait à 7, mais depuis 2 ans on joue à 11. Cette année on joue en régionale 3, le niveau est très chaud, on a la pression pour se maintenir car si on redescend, on sera forcée de rejouer à 7. Depuis l'année dernière, les championnats féminins départementaux à 11 en Essonne ont été supprimés. Pas assez d'équipes...

Ce que tu ressens quand tu joues ?

Ça va vite, ça brûle, c'est exaltant. J'ai envie de marquer, de courir, le terrain est grand, de faire des passes, de bien jouer, de m'appliquer, ne pas paniquer, maîtriser la balle. Je jongle de mieux en mieux, pour moi c'est un truc de fou de pouvoir faire ça. Depuis toujours, mon corps m'encombre, il est trop grand, je me cogne assez souvent, alors quand j'arrive à faire des beaux gestes et à contrôler mes mouvements, j'ai l'impression d'avoir compris quelque chose, je suis bien dans mes crampons.

As-tu une joueuse que tu affectionnes le plus ? Pourquoi ?

Toutes les joueuses de foot m'impressionnent, de l'amatrice à la pro. J'admire beaucoup les joueuses expérimentées de mon club, qui jouent depuis qu'elles sont toutes petites. C'est inspirant de les regarder jouer. De manière générale, les footballeurs et les footballeuses qui savent toucher, le beau jeu quoi, c'est carrément hypnotisant. 

Ton plus beau souvenir de match ?

Mon premier but évidemment, même moi j'y croyais pas, en plus je joue derrière, j'ai pas souvent l'occasion. Le ballon a tapé les filets, je me suis retournée les mains sur mon visage, les meufs sont venues m'enjailler, mais moi j'étais tellement choquée que j'ai même pas célébré je suis partie me replacer direct !

Ton plus beau souvenir hors terrain ?

Cet été, la coupe du monde du monde féminine m'a tellement enthousiasmée. En plus, ma BD "Saison des Roses" qui parle aussi de foot féminin, venait de sortir et pratiquement chaque match des Bleues était précédé d'une séance de dédicace. Je me souviens de ces soirées de match super exaltantes, des rencontres avec des joueuses et supportrices géniales, tant de sororité et tant de joie à chaque match, c'était fou de vivre tout ça ensemble !

La femme qui t’inspire le plus ?

Ça change assez régulièrement. Dernièrement c'est l'autrice de BD Catherine Ocelot. Son dernier livre, "La vie d'artiste" m'a touché par son humilité et sa justesse d'écriture. Dedans, elle se livre à ses lecteurs, se soumet à leurs jugements avec une honnêteté transparente. Il faut beaucoup de courage pour écrire ce qu'elle a écrit. En plus, elle est trop sympa.

Ce que tu écoutes comme musique pour te motiver ?

Alors moi je suis plutôt à l'inverse, c'est à dire que quand je vais à l'entrainement le soir, j'ai encore la tête pleine de ma journée, je suis fatiguée, j'ai besoin de calme. En sortant, par contre, j'ai deux fois plus d'énergie. C'est pour le retour que le son est indispensable dans la voiture. 22H passé, y'a jamais personne sur la route, je bombarde sur le dernier album de Nekfeu encore en boucle, surtout le titre "sous les nuages", ça tape comme il faut. 

Quel est ton rêve ?

Toucher une retraite digne d'autrice de BD. (on a le droit de rêver)

Autre chose que tu voudrais nous partager ?

Les footballeuses qui lisent de la BD on vraiment tout compris à la vie.